L’ACCUEIL DES RÉFUGIÉS

COMMUNICATION DES ÉVÊQUES DE BELGIQUE

 

 

1. Appel à l'accueil des réfugiés récemment arrivés

Nous sommes touchés par le nombre grandissant de réfugiés qui entrent dans notre pays ces derniers mois. Cela pose de manière nouvelle le problème de leur accueil dans des conditions humaines, d'autant plus que l'hiver est à nos portes. Nous adressons un appel particulier à ce sujet à nos communautés chrétiennes afin qu'elles contribuent à créer de nouvelles possibilités d'accueil et d'hébergement.

Il est vrai que depuis de nombreuses années, des communautés chrétiennes et des familles réalisent déjà un tel accueil. Depuis 19931 Caritas catholica accueille plus de deux cents personnes sans recevoir de subsides à cet effet. De nombreux compatriotes, y compris dans les communautés chrétiennes, manifestent par leur engagement personnel et par toutes sortes d'initiatives de groupe le visage hospitalier de notre pays. Ils illustrent l'apport de tous ceux qui sont effectivement engagés sur le terrain social dans 1'accueil ou le travail avec les réfugiés et les immigrés. Depuis des années (Campagne d'Avent 1994), différentes organisations catholiques plaident pour un accueil décentralisé et à échelle humaine, qui permet de faire appel à une solidarité locale. Elles sont disposées à continuer à prendre en mains leur responsabilité. Caritas est d'accord de coordonner l'appel que nous lançons ici et de veiller aux possibilités de subsidiation de l'action (tél. 02/229.36.11, fax 02/229.36.36).

2. Les réfugiés de longue date

D'autre part, il existe aussi le vieux problème des réfugiés qui résident chez nous depuis longtemps et dont la situation n'est pas régularisée. Les personnes qui sont en contact avec eux dans nos communautés locales savent d'expérience comment ces gens et leur familles ont trouvé un véritable chez-soi, suite à un séjour de plusieurs années dans notre pays. Leurs enfants vont à l'école chez nous, eux-mêmes partagent la vie de la Communauté locale. Peut-on alors refuser que dans ce cas-là leur séjour dans notre pays soit régularisé? Entre-temps, une application administrative plus souple de la loi pourrait déjà constituer un développement positif dans certaines situations actuelles.

Il y a trois ans, nous écrivions déjà; "nos communautés locales sont inquiètes, et à juste titre, du sort réservé aux réfugiés résidant depuis longtemps dans notre pays, qui se sont adaptés à leur nouveau milieu de vie, mais à qui le permis de séjour dans notre pays est finalement refusé. Pour les ménages avec enfants ayant trouvé un foyer chez nous, cette situation est des plus pénibles. Dans de telles circonstances, une régularisation de la situation semble être la solution la plus humaine et la plus évidente" (Déclaration des Evêques de Belgique, Migrants et réfugiés parmi nous, nouvelle série n° 22, novembre 1995).

3. L'accueil des gens sans-papier dans les églises

Même si les avis peuvent être divergents concernant l'opportunité de l'"asile" dans les églises comme forme d'action, il n'empêche que ce geste, s'il est porté et accepté par une communauté chrétienne locale est un signe et un signal des besoins de ces personnes, et qu'il interpelle concrètement l'opinion publique et les responsables de la société.

4. Le besoin de solutions durables

Notre monde actuel devient toujours plus un grand village. On y voit toujours plus l'inégalité de revenus et de chances entre les personnes et les différentes nations. Mais notre continent apparaît à beaucoup comme une forteresse retranchée du monde. Il faut pouvoir adopter une attitude ouverte, en se situant entre la problématique des frontières ouvertes et la situation de la forteresse retranchée, car nous devons envisager un avenir commun pour les citoyens d'un monte unifié, spécialement pour ceux qui ont trouvé enfin dans notre pays une issue à leur exil. En tout cas, chaque personne réfugiée à droit à l'accueil, à la protection et aux soins de santé, face à la violence, à l'oppression et à la persécution. Mais pour trouver des solutions durables à ces problèmes, les instances politiques nationales et internationales doivent accomplir des pas concrets pour mettre fin aux causes qui entraînent les personnes sur la voie de l'exil.

Les évêques de Belgique
12 novembre 1998